Vendredi 11 septembre 2009
5
11
/09
/2009
12:54
New York va rendre hommage aux victimes des attentats du 11 septembre sur le site de "Ground Zero" toujours en travaux. Barack Obama se rendra au Pentagone, sur
lequel un avion s'était écrasé. New York va rendre hommage vendredi 11 septembre aux victimes des attentats du 11 septembre 2001 avec le même rituel de commémoration qui se déroule chaque année
sur le site de "Ground Zero", où la reconstruction est toujours paralysée. Huit ans après les attaques terroristes contre le World Trade Center (WTC), les noms des 2.752 morts vont être égrenés
pendant la cérémonie organisée depuis huit ans à l'endroit où se dressaient les gratte-ciel de 107 étages. Des minutes de silence seront observées, d'abord à l'heure où le premier avion s'était
écrasé sur la première tour, puis lorsque le deuxième avion a frappé la deuxième, et ensuite pour marquer l'effondrement du premier puis du second gratte-ciel.Cette année, les noms des victimes
seront lus par des proches et par des bénévoles. A la nuit tombée, 88 lampes-torches seront allumées en souvenir des opérations de secours. Le président américain, Barack Obama, se rendra lui sur
le site militaire du Pentagone où un avion de ligne s'était écrasé. Une reconstruction retardée Cependant, plus que le rituel presque invariable des cérémonies, c'est le problème de la
reconstruction interminable des gratte-ciel qui est au centre de toutes les polémiques, et la crise qui sévit depuis 2008 n'a pas aidé à accélérer le rythme. "Il est chaque année plus évident que
les New-Yorkais sont de plus en plus exaspérés par l'échec des autorités à reconstruire Ground Zero", a déclaré à l'AFP Barry LePater, avocat spécialiste de construction immobilière.
Régulièrement, les autorités de la ville promettent de reconstruire "Ground Zero" selon un projet dont la version la plus ambitieuse comprenait cinq gratte-ciel, un mémorial et un terminal de
chemin de fer."Les personnes interrogées sont convaincues que rien ne sera fait pour le 10e anniversaire", a commenté Maurice Caroll, qui dirige l'institut de sondage de l'université Quinnipiac.
Le mois dernier, la presse locale avait révélé que les retards étaient plus importants que prévu et que du projet initial de cinq tours, dont une "tour de la liberté" très emblématique, il ne
resterait que deux gratte-ciel qui seraient terminés en 2036. Une grande poutre métallique de plus de dix mètres de haut, ayant fait partie de la structure d'une des deux tours du WTC et destinée
au musée, a été rapportée récemment à "Ground Zero" depuis un hangar de l'aéroport J.F. Kennedy où elle était entreposée depuis 2002. Al-Qaïda court toujours Al-Qaïda, bien qu'affaibli, reste un
ennemi tenace capable de frapper, assurent les responsables américains, qui peinent pourtant à convaincre de la menace une opinion publique lassée par deux longues guerres. Le réseau extrémiste
est "toujours très capable" de s'attaquer aux Etats-Unis et "très concentré sur cet objectif", selon le chef d'état-major américain Michael Mullen. Malgré le changement d'administration à
Washington, la croisade lancée par George W. Bush reste donc à l'ordre du jour: son successeur Barack Obama assure que la guerre en Afghanistan a pour but de "désorganiser, démanteler et vaincre
Al-Qaïda" réfugié au Pakistan voisin. La chasse visant les auteurs des attentats qui avaient fait près de 3.000 morts aux Etats-Unis, a nettement contribué au déclin de l'organisation d'Oussama
ben Laden. Elle l'a privée de refuge en Afghanistan après le renversement fin 2001 du régime de ses alliés talibans et plusieurs figures-clés du réseau ont été capturées. Depuis juillet 2008, 11
dirigeants d'Al-Qaïda ou affiliés ont été tués, dont Abou Khabab al-Masri, l'expert en armes chimiques et biologiques d'Al-Qaïda et Baitullah Mehsud, chef des talibans pakistanais. Un réseau à
bout de souffle ? Depuis les attentats à Londres en juillet 2005, le groupe terroriste n'a pas perpétré de nouvelles attaques en Occident. Un déclin qui fait douter certains experts de la réalité
de la menace. "Vingt-et-un ans après sa fondation, Al-Qaïda est sur la défensive, voire à bout de souffle. Elle avait trouvé à se relancer à la faveur de l'invasion américaine de l'Irak mais sa
branche locale a perdu pied (...) à partir de 2006-2007", déclare à l'AFP Jean-Pierre Filiu, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris. Analyse que ne partagent pas les services de
renseignement américains. "Al-Qaïda est sous forte pression en ce moment. Mais ne nous trompons pas: elle représente toujours une sérieuse menace pour les Etats-Unis et nos alliés", assure un
responsable américain de la lutte antiterroriste, en évoquant ses capacités de recrutement, d'entraînement et de financement. "C'est un ennemi tenace".Le réseau a reconstitué des sanctuaires dans
les zones tribales pakistanaises, où seraient réfugiés Oussama ben Laden et son bras droit Ayman al-Zawahiri, et d'où il soutient l'insurrection des talibans en Afghanistan. Washington s'inquiète
en outre de la transformation d'Al-Qaïda en un réseau de petites franchises terroristes disséminées en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, en particulier dans des Etats instables comme la
Somalie ou le Yémen, d'où le groupe a préparé une tentative d'attentat suicide cet été contre le patron saoudien de la lutte antiterroriste. Une opinion publique lassée Malgré tout, cette menace
ne semble plus convaincre l'opinion américaine lassée par deux guerres qui ont déjà coûté la vie à plus de 5.000 soldats américains. Près de 6 Américains sur 10 sont aujourd'hui opposées au
conflit en Afghanistan, selon un sondage récent. "Beaucoup de gens sont fatigués de cette lutte contre le terrorisme, en particulier par temps de crise économique. (...) Il n'y a plus eu
d'attentat aux Etats-Unis (...), ils se disent que tout ceci est exagéré", déplore Bruce Hoffman, expert à l'université de Georgetown, à Washington. Or, "à mon avis, il est certain que nous
connaîtrons vite un attentat majeur contre les Etats-Unis si nous nous retirons d'Afghanistan. Dans le cas du Vietnam, il était clair que les Vietcongs n'allaient pas se lancer à notre poursuite
en cas de retrait. Là c'est différent. Ils nous pourchasseront". (Nouvelobs.com avec AFP)